AUTOPORTRAIT
En 2007, 67 % des Français l’ont élue "voiture du siècle". Avec 5 millions d'exemplaires vendus dans le monde, la très populaire 2CV Citroën fête cette année ses 60 ans. Tandis que la Cité des sciences lui consacre une exposition, ce film retrace son histoire.
"La 2CV, c’est plus qu’une voiture, c’est un mode de vie" : Jacques Séguéla ou Jean-Pierre Foucault ne sont pas les seuls à en convenir. Ils sont encore des milliers, malgré l'arrêt de sa fabrication en 1990, à continuer de rouler en "deuche" pour leur plus grand plaisir.
Depuis sa création en 1937, elle s’est transmise de génération en génération, accompagnant les évolutions sociales. A l’instar de la famille du réalisateur, qui se souvient de la 2CV de son grand-père, dont son père, puis lui-même ont hérité.
C’est en 1937 que le patron de Citroën, Pierre-Jules Boulanger, avait demandé à ses services d’étudier "un véhicule pouvant transporter deux cultivateurs en sabots, 50 kg de pommes de terre ou un tonnelet, à une vitesse maximale de 60 km/h, pour une consommation de 3 litres d’essence aux 100 kilomètres". Le résultat sera la TPV, la Toute Petite Voiture, dont le prix et l’entretien doivent entrer dans le budget d’un ouvrier. Après la guerre, durant laquelle les prototypes ont été éparpillés pour échapper aux nazis, Citroën lance la nouvelle ligne, qui sera désormais celle de la 2CV : design arrondi, petites fenêtres symétriques, structure décapotable… Ce sont surtout sa légèreté, la simplicité de sa technologie et son excellente tenue de route qui rapidement feront d’elle une fidèle compagne de ses utilisateurs sur tous les continents.
"C’est la seule voiture de marketing de bon sens !" affirme Jacques Séguéla. En 1958, avec un ami, il a parcouru 130 000 kilomètres autour du monde en 2CV : "Un monstre de sécurité", se souvient-il. En effet, grâce à son système de suspension, la petite Citroën ne risque pas les tonneaux.
Aujourd’hui, aux côtés du publicitaire, se tient le jeune Etienne, qui a réitéré il y a peu l’exploit de ses aînés, mais cette fois pendant 40 000 kilomètres et seul au volant de sa rossinante : "J’ai vu des gens tomber de vélo en éclatant de rire !" Car la petite voiture qui semble parfois sourire a aussi le pouvoir de charmer ceux qu’elle croise.
"C’est une voiture qui a une âme", résume le vice-président de Havas Advertising. L’animateur Jean-Pierre Foucault, en visite au conservatoire Citroën, garde aussi le souvenir ému de celle qui fut son guide et son refuge lors de ses premières années de travail.
Dans les années 60, avec l’exode vers les villes, la 2CV devient plus confortable, et bientôt l’icône de la jeunesse en s’ornant de fleurs et de couleurs. En 1981, elle retourne sous les projecteurs avec James Bond dans For Your Eyes Only. Cette décennie est celle des séries spéciales, comme la Charleston ou la Dolly, qui relancent des ventes en perte de vitesse. Mais, à la fin des années 80, les nouvelles normes de sécurité automobile signent définitivement l’arrêt de la fabrication de la 2CV. Le 27 juillet 1990, le dernier exemplaire sort de l’usine de Mangualde, au Portugal. Pourtant, un peu partout en France, ce symbole du XXe siècle survit toujours grâce aux clubs de passionnés, aux bricoleurs de tout poil ou même aux conducteurs de rallye au volant de la 2CV Sahara.
Star des routes, elle n’a pas encore tiré sa révérence, et sert aussi, quelque part dans l’Hexagone, de corbillard ! Décidément, ce n’est pas demain qu’on va l’enterrer, notre "deuche" nationale. Alors, bon anniversaire ! Teuf, teuf...

(Programme sous-titré par télétexte pour les sourds et les malentendants)


